01 juin 13
Rien du tout (good night and good luck)

Si on faisait un bilan ça ferait une espèce de quelque chose comme: 127 386 fois le mot "je", des centaines de photos d'assiettes, au moins autant de pieds (même si j'ai essayé d'arrêter dernièrement, vous avez remarqué?). Zéro commentaire méchant, ou pratiquement, (c'est bien le signe qu'ici ça n'a jamais vraiment décollé finalement!). Les fois où j'ai écrit des choses indicibles, maman, l'amour, tout ça. Il y a eu aussi un peu de tangible, et ça c'était un drôle de bonus, des petits colis et des rencontres folichonnes. Des gens qui m'ont fait sentir "homogène", comme je dis chez le psy, et m'ont fait entendre que ce que je racontais ici ça n'était pas qu'un rêve ou un fantasme. Quelques amies, je ne sais pas, j'aimerais penser que oui. Au moins une. Mais hier quand c'était plus que l'angoisse et qu'il a fallu que j'hoquète pendant que quelqu'un acceptait seulement de m'écouter, ce n'est pas la vie d'ici qui m'a sauvée. Les limites, un pis-aller, quoi.
Ça m'a collé à la peau cet endroit, c'était vraiment chez moi. Parfois la peur de n'avoir plus rien à dire, en publiant certains articles, ça me faisait un mini frisson. Qu'est-ce que je pourrais bien encore dire, maintenant que j'ai écrit ça. Puis ça venait toujours, finalement. Du moyen et du moins bon, des articles qui m'ont fait honte à peine postés. Ceux que j'ai trouvés faciles, aussi, ça il y en a eu pas mal. C'est une des choses qui a amorcé ma réflexion (sic, sic!), cette facilité inhérente aux blogs. Séduire, être complice de la fainéantise (très entre guillemets) des lecteurs, qui parfois sont plus friands d'un exhibitionnisme pas très sublimé que d'un texte plus pudique. La grille de lecture qu'il faudrait donner, se justifier, écrire de façon transparente. Une certaine aliénation. Faire partie de. La surenchère, aussi, parfois.
Et puis cette histoire de narcissisme. Oui, oui, il est de bon ton d'accepter son ambivalence, "d'assumer" (qu'est-ce que je déteste ce verbe qui dédramatise à tort et à travers), mais quand même, j'ai toujours eu l'impression d'essayer de me prélasser sur un tas de cailloux. Pas très confortable avec tout ça. Puis les t'es belle qu'on vient peut-être chercher, ils ne sont jamais meilleurs que quand ils sont soufflés au creux de l'oreille.
Alors voilà, peut-être que j'ai raconté tout ce que je pouvais raconter ici. La suite, je crois que j'ai envie de la garder pour moi. De la vivre sans médiation. Il n'y aura pas cet article dans lequel je vous dirai qu'on sera 3 (pourtant j'avais déjà le titre!). Pas celui qui racontera mes autres chiens au nez aplati (si, si, ça arrivera,uhuh), et pas celui qui vous fera visiter mes futures cabanes. Mais il y aura toujours mes carnets, au pied du lit, toujours ce culte du quotidien et du je me souviens. La vraie vie, plus que jamais.
Une fin en forme de merci pour tout, ça sonnerait un peu creux, mais pourtant c'est ce que je pense, aussi, alors que je cherche le point final à cet article. C'était bien de vous savoir là, les secrets dans l'ombre, ceux qui revenaient pour rattraper leur retard, ou ceux qui étaient presque toujours là. Vos regards sur la vie et la mienne, c'étaient de parfaites mains tendues.
Un vrai tuteur pour quand c'est pas si facile de grandir, et de quitter sa carapace de homard.
31 mai 13
Vouloir la répétition

Jour/nuit, mais du bleu, de toute façon. Bien sûr qu'il était beau, on était une bande de gens tout seuls venus se faire du bien aux oreilles. Ici, maintenant, il s'agit de laisser faire les vicissitudes du quotidien, de ne pas les regarder d'un air trop méfiant. Surtout ne pas oublier de se fabriquer une chambre à soi, un refuge, quelque piquantes que soient les circonstances.
Où est donc la vérité, de face ou de profil?
30 mai 13
Aphorismes en moins bien

Chassol, c'est drôlement super bien.
Maintenant, après la douche, je mélange de la johnson's baby oil avec une goutte d'HE de géranium, je crois que l'odeur s'est tout de suite logée dans mon cerveau, et restera toujours comme la bande-son olfactive de ce faux printemps 2013 plein de plus tard.
J'ai avalé tout le blog de Leslie Plée, de la fin au début. Maintenant j'ai l'impression de la connaître, c'est vraiment du fou les blogs.
Je révise mon B.Biolay parce qu'on a une date, uhuhu!
Des jours ubuesques m'attendent, je crois bien, les 15 prochains jours.
Je lis des blogs américains (encore, oui, j'étais en arrêt maladie, hum) (comme celui de Tim Coulson) qui suintent l'amour, les bons sentiments, les beautiful babies, les chemises à carreaux et le granola le matin, mais je crois que je suis trop franco-française pour ne pas être gênée par toutes ces évocations de messes et de prières.
Sinon je suis retombée dans mon kif sur le surimi, j'ai honte et je ne sais comment expier.
26 mai 13
Fictionnel


Elle s'est levée de bonne heure, plus encore que ce qui était prévu. C'était déjà trop tôt pour un jour comme celui-ci, pour un jour comme s'en annoncent tant dans les semaines à venir. Les mois peut-être. Le pain était juste assez croquant, et la fumée qui sortait de la tasse, c'était à cause d'un thé citron gingembre. Le thé de quand on sort d'une nuit douillette avec bouillotte et rideaux fermés. La route, déjà dure à l'aller. Elle a encore en tête l'accident de la dernière fois, le même chemin, et la même pluie querelleuse. Elle a pensé qu'il disait souvent vaille que vaille, et que pendant longtemps elle avait cru que c'était du russe. Elle s'est dit qu'aujourd'hui, avec des si, elle aurait pu passer la journée à Paris avec ses amies de là bas, son amie de là bas, qu'elles se seraient réfugiées derrière la petite fenêtre ronde au 6ème et qu'elles auraient fait des pliages avec ce sentiment de bonheur naïf de n'être pas sous la pluie pendant qu'elle tombe. Le soir, avec un peu de chance, elle serait même allée voir Mârouf à l'opéra comique.
Un voyage un peu en catimini. Elle est arrivée, s'est sentie de passage. Plus tard elle est enfin entrée dans ce bâtiment rattaché à quelques évènements de sa vie. Des nuits qu'elle y a passé seule, pas plus qu'une peut-être. Des visites, pas mal. L'odeur dès qu'elle rentre, l'odeur bien rangée dans une des cases de son tiroir de choses qu'elle n'oubliera pas. L'exhalaison un peu trop forte, sa familiarité l'étonne et d'un coup, elle voit trouble. Elle fera attention à ce que ses yeux ne soient pas trop rougis. Les petits coups sur la porte, le coeur qui bat un peu.
Quand elle repart quelques heures plus tard, elle est contente de ne pas se sentir soulagée de partir. Elle ne fuit pas. Cette fois. Elle a quelque chose à racheter, même si elle sait que c'est vain. Elle reprend tout de suite la route, elle ne veut pas être venue pour autre chose. Le soleil dans le dos tout du long, elle fixe un tout petit trop longtemps l'ombre de sa voiture sur la route. Elle pense que les rétroviseurs sont des oreilles et se raconte des histoires comme si c'était elle qu'on conduisait. La pluie n'est plus là, et elle sent comme un vide. La constance et la répétitivité des gouttes, elle commençait à trouver ça rassurant.
20 mai 13
Début


Les journées qui font office de tableau qu'on met dans l'entrée ou la cuisine, et sur lequel on épingle, on griffonne. De ces choses qu'on regarde du coin de l'oeil.
On n'était pas vraiment l'un en face de l'autre ce matin au réveil, un peu décalés. Moi, après, j'ai écrit des lettres d'amitié, c'est peut-être encore ce que je sais faire de mieux. Il m'a origamisé un joli papier, a passé sa main plusieurs fois dans mes cheveux. J'ai voulu faire semblant de m'être frotté les yeux très fort, quand il m'a rejoint dans la cuisine, puis finalement j'ai saisi la chance que c'est de pouvoir pleurer devant quelqu'un qui ne nous veut que du bien.
La vie en montagnes russes, le douloureux sentiment de reconnaissance devant la boule de-feu-de-peur qui s'est installée là, tout à fait au mileu de mon ventre et de ma tête. Qu'est-ce qu'on peste, quand on est grand, contre cette voix qui ne nous susurre plus jamais à l'oreille que promis, tout ira bien.

Oh et aussi, c'est dimanche encore aujourd'hui, alors au lieu d'écouter la pluie tomber, je poursuis ma quête du vide en attendant que les scones soient cuits. Ce sont les chaussures qui y passent aujourd'hui, et c'est par ici http://mllelobster.bigcartel.com
17 mai 13
Les nouvelles ères

De ces jours où je me sens si sale en rentrant. La voiture, en ce moment, pour partir le plus tard possible. Et contre la pluie-chien-qui-mouille dont on a tous marre. Entendre just like a woman ou debaser, parce que ça fait longtemps que je n'ai pas refait la clé et que c'est la bande son de l'année, la garer et vite un baiser et les aboiements du chien. Enfin, c'est souvent dans l'autre sens que ça se passe. Je rentre dans cette cabane dont l'écho se fait de plus en plus fort, les tas à droite à gauche voués à disparaître ou à aller habiter d'autres vies. Qu'est-ce qu'on devrait garder toute une vie en fait? Ma tête est une meilleure armoire, mon meilleur cadenas.
Me sentir sale, donc, empoussiérée d'avoir croisé tant de gens, d'avoir touché des mains, reçu des postillons, des stylos ou des claques selon l'humeur du jour. C'est mon travail, les gens, mais parfois la blouse ne suffit pas, parfois je voudrais même me reculer d'un pas. Juste pour leur montrer qu'ils sauraient marcher tout seul. J'arrête une prise en charge, parce que là vraiment je ne suis plus qu'un témoin, vous vous débarrassez de nous en fait. Je lui explique, puis devant son entêtement je ne sais plus faire, je m'embrouille, j'invoque la sécu, que c'est remboursé et qu'on n'a pas le droit moralement de continuer quand sa fille n'en a plus besoin, même si oui c'est vrai qu'on a plaisir à se voir toutes les semaines. Parfois ils me font vraiment faire tout le boulot toute seule, les polissons.
Plus tard, quand la douche salvatrice a fait ses effets, on écoute Guillaume Gallienne lire Sacha Guitry, et j'entends une femme dire j'ai le coeur qui me bat, et ça me pointe du doigt, cette phrase. Là juste au dessus du nombril, ça colle tout pile aux nouvelles qui ont rôdé ces derniers temps, l'idée que je serai vraiment toute neuve bientôt, qu'on va pouvoir archiver des choses en les mettant définitivement sous l'étiquette souvenirs.
Et cette chanson, croisée en écoutant Open jazz cette semaine. Lui a dit dissonant, et encore, mais moi je la mets dans mon balluchon des préférées.
10 mai 13
Contraste


Parmi les multiples joies qu'apportent le fait d'avoir un chien (si, si, je vous jure, vous les sceptiques au fond!), il y a celle de croiser de belles fleurs lors de nos obligatoires promenades. Quand je le vois y mettre la tête entière pour enregistrer toutes ces odeurs je pense toujours au putois de Bambi et j'aime bien ces parenthèses bucoliques / Le raw brownie, la trouvaille du mois de mai. Des noisettes, des amandes, des dattes, du cacao, pas de cuisson comme son nom l'indique. On se dit que ça marchera jamais, mais si, si, ça finit par se transformer en une espèce de gâteau! En vrai ça fait un peu barre énergétique pour des gens qui partiraient sur la lune, mais à petites doses c'est plutôt chouette / Aujourd'hui j'ai enfin porté ce gilet que j'ai tricoté... l'été dernier. Ça vous paraît anodin, peut-être, mais en temps habituel je tricote, j'assemble, puis... je ne mets pas car j'ai l'impression qu'avec j'aurais l'air tout droit sortie du père noël est une ordure et je ne vois plus que les défauts du-dit tricot. J'essaie, juste pour voir ce que ça fait, d'être un peu plus douce avec moi-même / Puis c'était une journée à lever la tête aujourd'hui, dans ce mini-mini quartier mi-bruxellois mi-british par ici. J'y ai croisé un ciel qui disait que bientôt il s'éclaircirait et de belles roses dans la pierre, entourant un mini-balcon / Puis sinon, ça ça ne se voit pas sur les photos, mais c'est un peu une ambiance de dimanche soir ici ce soir, demain le homard est de retour sur de besogneux chemins, après cette longue parenthèse...
09 mai 13
Fleur grise voire bleu clair

Une journée employée à savourer les choses qui jadis-mais-pas-tant-que-ça m'étaient interdites. Enfin peut-être pas interdites pour de vrai de vrai, mais pas tout à fait dans mon champ de vision en tout cas. Les oeillères comme uniforme. Puis on avait fait en sorte que je n'aie pas la tête à ça de toute façon. Pendant tout ce temps durant lequel je m'étais muselée, ficelée et embrouillée c'était peut-être bien sur ce blog que je parlais le plus librement. D'ailleurs, à présent redressée, ces mots ici n'ont plus le même poids, ce n'est plus la même servitude. C'est un bonus bien plus libre.
Aujourd'hui je me suis rendu compte que j'avais cette chance d'avoir des témoins de choix de ce que je suis, de ce qui se trame par chez moi, dans cet esprit qui se rend parfois compte le lendemain de ce qui s'est ressenti la veille. Maintenant j'ai des alliées de décorticage de mots de garçon nébuleux, de celles qui peuvent m'écrire des choses aussi parfaitement pensées que transmission génération*elles. J'ai rencontré en un an des gens qui ne pourraient plus jamais décamper de ma roulotte de pensées, chez qui je suis si douillettement accueillie avec un mot, un thé, un ma chère, un post-it rajouté dans une enveloppe et qui sait ce qu'elles pourront encore inventer. J'ai l'impression d'avoir ouvert les bras sans avoir peur de ce que je pourrai faire tomber. Ça dégouline pas trop tout ces mots là, que je vous rédige d'un air béat ? C'est tellement moche, les mots d'amour mal écrits, c'est comme un blasphème.
Entre deux pensées au sucre aujourd'hui j'ai aussi trouvé le moyen de drôlement avancer dans ce roman policier que je trimballe partout comme un doudou-d'adulte, et d'attraper le coup de soleil du printemps, aussi. Un rond rouge qu'on croirait dessiné exprès, chaud si y on pose la main, juste au dessus du coeur. La peau-histoire, qui raconte les bobos d'adolescente, là sur mon avant-bras droit. La peau-aventure, et les bleus qui racontent que parfois il faut se serrer trop fort quand on a éperdument besoin de se dire qu'on s'aime. La peau-chronologie, avec ses lignes de vie, ses rigoles et ses chemins sur mon ventre.
Puis du vert et du rose, encore!, dans l'assiette. Le combo idéal du matin implique définitivement des fruits rouges, des flocons d'avoine et du lait de riz. Ce midi, il fut question de courgettes aux amandes cuites dans du lait de coco, de champignons au curcuma cuits au jus de citron et d'une de ces galettes potimarron-châtaignes toute faite from l'épicerie bio -bénies soient elles, ça demande quand même un peu de prép cette histoire de detox, un peu de répit est bienvenu-. Ce soir M.Chamb s'est rebellé contre cette attaque de vitamines et a décidé de prendre les choses en main à coup de spaghettis bolognaises. J'ai consenti à demi-detoxer, parce qu'on aime bien farfouiller à deux dans la cuisine. A côté j'ai fait une purée carottes-brocolis cumin à la faisselle, pour faire la sérieuse et parce que ce vert c'est addictif. J'aime bien mon assiette moitié-moitié, notre drîole de mélange à nous.

07 mai 13
En rose et vert








Mon dieu (ça c'est lui face à mon assiette de ce midi, tout ce vert lui a fait froid dans le dos)/ J'ai faim (moi ce matin, moi deux heure après le repas, puis on a pu m'entendre le redire avant le repas de ce soir, hum)/ gloubbbarrgoumpf (mon ventre)/ il faut absolument que j'aille acheter de la lavande pour faire une compote (moi après avoir ouvert le paquet de l'adorable Mélie qui contenait un pot de confiture d'abricots à la lavande, le délice des délices sur du pain aux fleurs)/ La detox, ça fait de belles assiettes quand même non?
Comme un sou neuf



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Le premier du premier jour des vacances sans rien d'écrit sur une liste à cocher, sans rendez-vous, sans les montagnes russes d'émotions que sont les mariages et les road trip à deux. Un jour qui scande donc SIESTE! BOUQUIN! PROMENADE! MAD MEN! BAIN! et tutti quanti d'autres nonchalances. En fait j'en ai aussi et surtout profité pour mettre le nez dans ce bouquin reçu il y a quelques semaines maintenant "Ma détox made in Hollywood" et filer galvanisée au supermarché bio. Non non non le homard ne se transforme pas en food-blogger qui se met à ne plus manger que du kale et à chasser le gluten de sa vie! Il aimera toujours les gâteaux à étages et le coca zéro (il faut se faire une raison, après 137 tentatives d'arrêt définitif).
N'empêche qu'il y a des passages dans la vie qu'on a envie de matérialiser, qui appellent à la mue, et j'ai trouvé que ces un peu plus d'un an de changement de vie c'était le bon moment pour trouver que ma carapace pouvait peut-être ne pas en être une. Du changement sans trop en être, puisque le vert, les graines et les fruits sont déjà souvent à la fête ici, mais un petit pas de côté face aux moments durant lesquels je n'ai pas l'impression de penser ce que je mange, et où je n'ai vraiment la sensation de bien me traiter avec ce que j'ai dans l'assiette.
J'ai donc commencé les observations tout en douceur aujourd'hui. C'est assez drôle car c'est justement le jour où M. Chamb a vécu une fringale de 12h et ne s'est nourri que de glaces et de cigarettes russes, ponctuées de mini snickers et de kinder bueno. Oui c'est un esthète. De mon côté j'ai mangé drôlement coloré et épicé, siroté du BB Detox toute la journée (pamplemousse powaaa!), entendu mon ventre faire de drôles de bruits, et eu drôlement faim ce soir, quelques heures après avoir dîné. Du coup j'ai révisé mes classiques de crème budwig chez Cléa et je me suis fait le meilleur des en-cas pendant qu'il s'enfilait un 3ème bol de glace.
A suivre, donc!
Psst pour de l'inspiration bon-mangesque je suis tombée chez Maggie Ruggiero, c'est beau et ça donne envie de passer du temps en cuisine!

05 mai 13
Recueil.

Je vois du vert toujours pareil toujours différent, et de drôles de bestioles qui s'y promènent. J'entends les pixies et jay reatard un soir qui dure très tard, ponctué de ses mademoiselle. Ma chérie plus que je n'aurais jamais pensé être appelée. Les chiens la nuit, et les oiseaux le jour, même s'il pleut. Je sens son cou qui sent le citron, encore, encore, encore. Les tulipes qui ne sentent pas assez fort à mon goût. Je touche les pierres froides et humide, plus le métal brûlant. Le volant raide d'une voiture trop neuve. Puis après quelques péripéties de nouveaux chats, de ceux à la voix cassée et aux yeux qui font qu'on les appelle Agate. Je goûte notre risotto aux asperges, la roquette que je mets dans son assiette et qu'il me donne, l'earl grey dont j'épuise les réserves. La pizza aubergines-poireaux, aussi, qui prend bizarrement tant de temps à préparer. Le soir du vin, parfois. La fumée, aussi, ce coton onctueux.
On a beaucoup roulé, on s'est fait un peu peur à croiser trop de pluie trop fort et une voiture dans laquelle le conducteur s'était endormi. De chics flamands nous ont changé une roue crevée, de force, c'est notre côté poule qui a trouvé un couteau sûrement. On a refait une étape mariage hier, et c'était même pas nous les mariés. C'est si bon d'être là pour ceux pour qui ça compte. On a retrouvé Flanelle aussi, et la suite des vacances maintenant c'est tout les trois et à la campagne.
Il y aura des démarches, de certaines un peu pénibles, mais qui sont obligatoires. Noblesse oblige. Quelques jours de detox, parce que je me sens un peu engoncée (même si mon papa me dit que je deviens de plus en plus belle et que l'amour me réussit ♥) du tricot pour une petites Blanche toute neuve (je me fais piquer les prénoms qui sont sur ma liste par les copines!), la fin d'un polar pas piqué des hannetons et certainement des siestes passées à se regarder l'air béat. La vraie vie à haute dose.

29 avr. 13
Le bouquet de la mariée



On a vu de drôles de lumières gris/blanc/bleu qui pique/bleu d'ici, et la chair de poule ne nous a pas vraiment quitté pendant deux jours. Le vent et de trop beaux mariés, qu'est-ce qu'on pouvait faire d'autre en même temps? J'ai même aimé l'homélie du prêtre, moi l'athée par excellence, alors c'est vraiment que ces deux-là nous avaient transporté sur leur nuage. J'ai continué mon lobbying pour qu'on vienne s'installer ici, mais M.Chamb' ne mollit pour l'instant pas sur le sujet. Moi j'aime trop croiser des façades étranges et un peu décaties, monter pour juste après descendre des rues à-pic, tendre l'oreille pour me gaver de cet accent, et rêver du jour où je ne me nourrirai plus que de navettes (quoi le cliché?). Après tout ça, les pieds rougis d'avoir dansé, des souvenirs plein les sacs et du rosé glissé dans le coffre, on a repris la route. On a ouvert cette maison endormie, et maintenant depuis notre fin fond du gard, entourés de vieilles pierres et de vert-comme-si-c'était-l'irlande, on brûle des pattes de lapin aux doigts croisés pour que la pluie s'arrête, juste le temps qu'on aille se dégourdir les pattes quoi. En attendant on s'enroule dans des plaids et dans nos bras, on se demande ce qu'on va cuisiner, on boit du earl grey jusqu'à plus soif, et on se cache sous le draps parce que de toute façon c'est comme si les jours étaient des nuits. Des jours qu'ils sont beaux, somme toute.
23 avr. 13
Pour un jour, juste pour un jour




La route, tu sais ce que c'est. J'étais seule, enfin si ce n'est Flanelle qui ne me lâchait pas des yeux. Je crois qu'il a trouvé que je chantais un peu trop fort, j'étais en plein revival Robyn. Ou alors c'est notre tête à tête pas si commun qui l'interrogeait. Pas si souvent, enfin, je peux peut-être plus dire ça maintenant. Si vraiment je me laissais aller, et que je ne savais pas autant que c'est ma nouvelle réalité, j'aurais envie de les lister ces mini déclarations d'indépendance. La belle vie, la douce révolution tous ces endroits dans lesquels je me rends SEULE, sans m'y sentir chancelante. Puis son coeur qui tambourine dans ma tête, entre mes poings serrés, sa voix qui m'accompagne, me berce, me pousse. Elle est toujours là, promisjurécrachétoutelavie.
Dans cette ville il y a les rues que je connais, celles que je redécouvre, oh ils ont construit ça, cette arbre a poussé, ils ont remis des pavés etc. Celles que j'évite, aussi, notamment celle dans laquelle j'ai grandi, parce qu'il n'y a plus rien à moi là bas. C'est dans ma tête et c'est peut-être tout aussi bien. Celle dans laquelle j'ai embrassé un garçon pour la première fois. J'ai toujours le petit mot on se retrouve dans l'impasse quelque part. Ici il y a les amies, aussi. Si différentes, mais le fil rouge est là. On parle de plus tard, parfois pas trop, on veut pas se prendre des claques non plus. Tu vas pas faire ça? qu'elles me disent parfois.
Les salles d'attente, parce que c'est mon rôle aussi. Temporiser ce qu'il dit lui, et ce qu'ils disent eux, les médecins. Je suis la caution sagesse face à mon dandy de père. Je réexplique, un peu, après, j'anticipe comment ça pourrait se passer. Je regarde 10 fois la radio en la trouvant encourageante, et je croise tous les doigts de la terre pour ne pas me tromper. Il me reste plein de choses à raconter de toute façon. Et moi tant à t'en dire, alors tu vois, y'a pas le choix.
Et puis là bas j'y trouve et retrouve les terrasses, les colas partout, l'eton mess, les vendeuses qui t'appellent par ton prénom, sauver Flanelle d'une attaque, le champagne souvent, la folie mais en jaune, le tricot qui n'a même pas été sorti, les livres non plus d'ailleurs, la sieste à chaque étage, Cervantes, les chats qui râlent. Boumboumboum, la vie bien fort, comme il se doit.
19 avr. 13
Pas trop trop de mystère




Je suis cette fille qu'on a pu entendre dire Rome, ça me va/ on a le droit d'être turlupiné sans raison/ on t'entendra quand même, si les sons sortent bien de ta bouche/ à en Mai alors!/ ces mecs là, c'est qu'ils trouvent que les femmes sont menaçantes si elles se ressemblent. Il reste du gâteau mangue-chocolat, et c'est un peu la cacophonie culinaire en ce moment. C'est le thé qui compte, et le bb détox coule à flots. Les repas sont autant composés de fraises tagada, de sablés au thé, que de "substituts" (sic) de repas retrouvés au fond du buffet.
J'ai trié ce que je pensais être des archives, mais qui n'ont pas besoin d'être plus que des souvenirs finalement. Je ne jette pas pour me débarrasser, mais plutôt pour éteindre quelque chose. Des médicaments à maman, même, qui n'étaient plus bons à consommer à partir de 2007. Que la date vieillisse me fait encore plus mal, et que j'aie encore la boîte ou pas, je n'en oublierai pas le nom même si je le voulais.
Sur pinterest je vois des baby doc martens et je fonds, lui me répond qu'on va déguiser le chien en chat pour qu'il se mette à sauter de toits en toits. J'aime bien quand on n'est pas tout à fait en face, de guingois on se voit peut-être même mieux. Je me retiens de faire une double écoute de ce qu'il dit, parce que je ne sais pas si j'ai trop le droit d'en entendre plus qu'il veut me dire. Toujours un train d'avance ou de retard l'un pour l'autre, on s'écoute peut-être plus attentivement comme ça. J'ai écouté des millions de fois Souchon cette semaine, et le mystère a semblé coller à absolument toutes mes humeurs, des plus dramatiques aux plus fantaisies. La phrase quand elle jette pour moi ses espadrilles me donne des frissons.
Quelqu'un est rentré dans un camion pour ne pas me rentrer dedans, et pendant quelques nuits j'ai vu cette voiture blanche ratatinée à chaque fois que je fermais les yeux. J'ai vu le temps de l'aventure en me mordant les lèvres, j'ai aimé que rien n'y soit impossible.
Maintenant les heures d'ici le temps de la liberté se comptent sur le bout des doigts, assurément on y marchera pieds nus dans l'herbe, les draps seront frais et froissés, les réveils n'en seront pas vraiment, et dans le four il y aura des tatins tomates-mozza. Ce sera bien de bien de bien.
16 avr. 13
Sacro-saint 4h.

Maintenant que les livres de cuisine sont partis aux 4 coins de la france -et en belgique ; ) - j'ai eu envie d'improviser cet après-midi. Du chocolat, des mangues, de l'huile de noisette et de la farine de riz complet, il sent bon et j'aime son look à l'envers. J'avais dit plus jamais et j'ai recraqué chez Kusmi, c'est donc vrai que le euphoria c'est du Pim's liquide. Et celui à la violette m'a rappelé mon premier blogo-colis, from Marie, évidemment! Les belles surprises on a dit, et en plus vendredi midi c'est les vacances, des vraies de vraies, dont on a pas besoin de faire semblant de pas compter quand elles se finiront tellement elles seront longues. Oui je crâne!
Doux mercredi-jour-des-enfants, et croisez les doigts pour moi pour ne pas que les patients fassent trop l'école buissonière demain!
14 avr. 13
La ménagère s'allège

Je travaille encore sur le concept de "partir le coeur léger", alors en attendant de panser certains bobos ce sont les valises que j'essaie d'alléger... Ce soir je me suis attelée à la bibliothèque de la cuisine, et j'ai fait un grand tri pour ne garder que mes fétiches (celui de Rose Bakery, celui d'Alain Ducasse et mon livre de tourtes british, de quoi continuer à saliver). Quelle décroissance n'est-ce pas? Rha ce fut un peu dur pour certains, mais ma raisonnabilité (sic) fera peut-être votre bonheur...!
12 avr. 13
La copiste

Casser des genoux, métaphoriquement au moins. Mordre la poussière, un peu, et pour pas longtemps tu verras. Masser des bleus, tâtonner avec l'autobronzant, et espérer n'être pas si mal fin avril pour une belle fête. "Vous pouvez leur dire ça peut encore être simple, vous savez". Mais avec les gens pour qui la langue n'existe pas et la parole encore moins... les gens qui donnent envie de mal faire, parce que de toute façon ce ne sera jamais bien.
On va fêter l'anniversaire de la main dans la sienne, et il se pourrait qu'on y mange de la mousse au chocolat à la petite cuillère. On fait exprès de se faire languir, on ne se dit pas ce que l'autre voudrait entendre, on ne se touche pas là où l'autre voudrait aurait tellement envie qu'on y mette les lèvres ou la paume de la main. "Parce qu'il y aura encore des millions de nuits", qu'il dit. Je suis d'accord, sans minuteur la vie est plus gazouillante.
Du travail le samedi, des soirées qui commencent par des monologues branlants sur un rebord de fenêtre. Le livre des si que j'ai envie de raconter tous les soirs à un petit enfant qui finirait par le connaître par coeur de chez par coeur.
Je vous parle de tout ça, mais du reste?

06 avr. 13
Unité de temps.

Cette dame avait fière allure je vous le jure
Un jour un homme va l'attendre, l'air tendre
C'est un peu fou parfois france culture le samedi matin. J'y apprends que les oeufs sont des produits saisonniers, vous saviez, ça, vous? Pauvres poules dont on dérègle les cycles.
Je guette le moment de la plus grande animation, quand des pattes de chat vont se faire entendre dans l'escalier, qui vont me faire dire non Flanelle, laisse la tranquille la vieille minette, et que des pieds nus s'embrouilleront jusqu'en bas dans un demi sommeil. C'est agréable de ne pas être dans sa cabane, un peu, et d'avoir enfin un peu de place. Est-ce que je serai une fille qui devra monter des escaliers pour aller dormir un jour? Je goûte aussi de n'avoir qu'une porte à ouvrir pour que Flanelle fasse ses affaires du matin, gardant les mains bien serrées autour de ma tasse de thé, en le regardant mettre son nez dans chaque brin d'herbe.
D'ailleurs pendant que je continue à écrire ce billet de nouvelles personnes à la radio sont arrivées pour parler cabanes résidentielles et compagnie, avec le petit bout de carré vert qui va bien devant, voire derrière si on a de la chance. Juste assez pour y mettre un rond de plastique bleu. Ça me ferait un peu peur, ça quand même. Après je pense qu'arrivera un jour où je penserai qu'un abri est un abri, et qu'il sera témoin de beaux moments de vie quel que soit son air, conventionnel, enhardi ou même un peu planplan.
Le samedi, surtout quand on a la place de s'étaler à table, c'est l'occasion de faire un petit déjeuner qui fera arriver le repas de midi tard dans l'après-midi. J'ai reniflé toutes les boîtes de thé pour finir par choisir celle qui sentait le moins le connu, et c'était un thé aux fruits rouges. Pendant que les toasts toastaient pour se préparer à recevoir leur dose réglementaire de miel, je suis allée chercher un yaourt à la cerise dans le coffre de ma voiture. J'ai connu des gens que ça agaçait, notre manie à maman et à moi d'utiliser le coffre de la voiture comme un garde-manger. Moi franchement je n'y vois que des avantages. Et puis en plus parfois ça fait de bonnes surprises. Hier par exemple, je portais en moi cette fatigue crasse du vendredi 18h, ce léger pointillé d'énervement parce qu'on a vu trop de gens, trop entendu de bêtises, et sûrement trop dit d'ânneries. On était au fameux drive où tu attends que des gens viennent déposer tes courses dans ton coffre, moment toujours gênant parce que quand même, on est pas trop dressé à se faire servir. Alors je rangeais un peu ce coffre dans lequel il y avait des bols, un béret, une couverture qui est devenue celle du chien, des bouquins à lire ou à rendre, parfois les deux (qui est arrivé au bout du Moi peau d'Anzieu, hein?). Et là, petite surprise, j'ai retrouvé un snickers. Ça ne fait pas longtemps que je sais que j'aime ça, mais maintenant que je le sais je rattrape toutes les années durant lesquelles j'ai refusé chaque snickers qu'on me proposait en disant non, non, je n'aime pas ça. Et en fait, le vendredi soir à 18h, c'était tout à fait la bonne prescription.
Ah les voilà les bruits de pas! C'est l'heure du baiser-tu-as-bien-dormi-t'as-rêvé-de-quoi du matin, les moments à mettre dans une boîte tant ils sont chouettes.
Ps: J'ai retrouvé ces photos en bullant-farfouillotant sur mon ordi cet après-midi, je me rappelle la drôle de soirée pendant laquelle je les avais faite, j'avais eu un peu froid et je guettais qu'un bébé ne se réveille pas loin.


03 avr. 13
Comme un cahier de recettes




J'aime recevoir des petits mots un peu taquins sur mon téléphone, le matin. Parfois ils arrivent quand je suis un peu désemparée face à un patient, et là ça tombe à pic, un petit souffle gentil dans mon oreille. Les mots qui se moquent de mes lubies, de mes mini obsessions, pas trop dévorantes, hein, mais quand même bien là, au chaud sous mon coude. Je guette, mais je guette l'heure vous verriez ça, j'aurais presque honte puis non, c'est trop savoureux de prendre le temps de lui faire une surprise.
En bouche j'ai mille goûts, et il se pourrait bien que j'aie déjà écrit ça ici. En même temps c'est toujours moi. Le gâteau aux M&M's, pas les bons parce que j'ai pas lu ce qui était marqué sur le paquet, mais même pas si mauvais. Les chocolats de pâques, et les lasagnes aux légumes qu'on fait rien que pour moi. Des pâtes aux poireaux et au curcuma devant LE match de foot. De l'amaretto aussi, je dois dire, vivement la fin de la bouteille, ça n'est plus raisonnable cette histoire là!!
Je croise des gens aux voix abimées, et même pas au travail. J'ai envie de leur dire que c'est pas si dur, le souffle un peu plus à sa place, une autre façon de penser sa voix, et hop, les notes plus hautes et légères. Mais certains se reconnaissent mieux dans l'inconfort, il faut bien le dire. Ils se proclament de guinguois, et ils se trouvent bien, là, à marcher sur des noisettes. Moi je shoote dedans, les noisettes qui traînent sur mon chemin, et on dirait bien qu'il n'est plus question de trébucher.
01 avr. 13
Sans anicroche

Sur le trottoir on se dit au revoir. Ça dure, ça s'éternise, un peu. On rigole quand on se dit à dimanche, parce que c'est dans pas si longtemps, après-demain même. Flanelle attend docilement, mais ses babines trahissent qu'il nous trouve un peu niais. On se chuchote que ce sera tellement bien de se revoir, et qu'on fera ça, ça, ça et tout le reste aussi. Dans la voiture, pendant que je meurs d'ennui coincée entre toutes ces voitures familiales qui n'ont qu'un papa dedans, et que je dois dompter ma wild part face aux limitations de vitesse, je me trouve pareille par pareil. Je suis à présent cette fille qui s'entend appelée clémence par des petites voix, mais aussi kémence/clemenche/mence/madame et même orthophoniste pour quelques uns d'entre eux. Je réponds toujours, de toute façon. Même quand on me tire les cheveux ou qu'on me pince les mains. Je suis cette fille qui fait maintenant plein de trucs toute seule parce qu'elle ne le sera plus jamais. Pendant que j'étais loin de lui j'ai revu de beaux chats, bu un peu trop d'amaretto alors que la fête n'avait même pas commencée, et engueulé quelqu'un pour lui dire de ne pas se laisser mourir sous nos yeux. Après je me vois me cacher derrière une boîte aux lettres avec 11 comparses et crier "surprise" à la future mariée, toutes habillées de léopard qu'on était. C'était drôle comme tout et ça m'a presque donné envie de me reconvertir en enterrement-de-vie-de-jeune-fille planner, si ça existe, parce que c'est trop rigolo d'inventer des quizz et de découper des missions sur du papier joli. Et puis, accompagner une amie dans une autre étape de sa vie, ça aussi c'est bien et même un peu émotionnant. Plus tard je suis rentrée, et une mini chasse aux oeufs avait été organisée dans l'appart. L'attention m'a fait rosir et moi j'ai caché les lapins que j'avais pour lui. Tu chauffes, tu brûles même! 1er avril. La boucle est bientôt bouclée.

