24 déc. 12
Camille les deux (elles)




Je mangeais une madeleine. La maison ressemblait vaguement à quelque chose, je n'étais plus en pyjama, et tant pis pour le reste. Il était l'heure d'un thé-récompense. La veille avait été un mélange de chapon au foie gras, de carpaccio de St Jacques-fruits de la passion, de Chablis et d'appartement avec un mur en miroir qui m'avait beaucoup intriguée.Et le premier jour des vacances aussi. Je l'avais entendu se lever très tôt pour partir à la soutenance de thèse d'un copain, et je me demande si je ne lui ai pas grommelé des mots sans queue ni tête. Sous un crachin qui mouille quand même, je suis partie la chercher à la gare. J'étais pas si sûre de la reconnaître en fait, et je me suis trouvée bête. Heureusement j'avais le chien en signe distinctif. Toujours, c'est chouette de découvrir une nouvelle voix. La sienne est claire, plus haute que je ne l'avais pensée. Et c'est encore mieux quand son rire devient aigu. Les petits souliers dans lesquels les nouvelles rencontres me mettent se sont fait la malle. Très vite on était sur le radeau-canapé, et on se racontait. Nous, eux, lui, elle. C'était tout vrai, ce qui se disait là, et je crois que les raconter tous les deux, ceux qui sont pas là, ça faisait un beau mélange. Un jour de plus à la faire exister, c'est précieux. A 16h, on a eu fini la tambouille riz-potiron-petits pois. Un peu plus tard, dans nos sacs on avait du café, des familles de nounours en guimauve, et d'autres choses qu'il me faudrait emballer dans mes papiers disco-pas-très-noël. On a payé une visite à un couple de chatte rousse, mais elles nous ont snobé sans pitié. Les pieds à nouveau sur les trottoirs mouillés, je me demande si mes questions n'étaient pas cacophoniques. J'avais envie d'avoir dans la tête une photo d'elle, de sa famille, de comment c'est pour elle, la vie. Il a fallu se mettre d'accord sur un film, pour le lendemain -parce que les premiers dimanches de vacances, il faut aller au cinéma, surtout si c'est avec une copine-. Main dans la main, aller d'accord, mais pour Valérie Lemercier, hein, pas pour faire la blogueuse. En cuisinant le risotto, après, on en a forcément parlé, des blogs. Ceux qui écoeurent un peu, ceux dont on a l'impression qu'on ne pourra jamais se lasser. Je lui ai montré la belle plume de Couac, et son faire-part d'amoureux dans un pull qui me plaît tant. La boîte de gâteaux qu'elle m'avait apportée devenait plus légère. Des pattes de cheval furent mangées, ainsi que des jambes de bonhomme. En pyjama, toutes les deux avec nos bouillottes, on a continué à raconter des trucs. Ces choses qui font plus rire quand il n'y a plus de lumière. Le lendemain on a communié dans le patachonnage, mais on était quand même prêtes pour l'heure du film. J'ai mis mon pantalon myrtille-écrasée-fil-rouge de rencontres de filles aux beaux mots. Sur le chemin, avec le vent tout doux, on a croisé des gens avec des paquets et causé barre au sol. Bien sûr que le film fut chouette. Bien sûr que j'ai fini par le trouver beau, moi aussi, ce Jérémie. Bien sûr que cette histoire d'amour m'a fait penser à-lui-à-nous, cette histoire de frère et soeur à elle. C'est comme ça, parce que sinon on se manque trop. Bien sûr que moi aussi je voudrais faire du skate la nuit à Paris en talons hauts. A la maison le risotto fut vite réchauffé et prêt pour la dînette-goûter. On l'a mangé en chantonnant les kinks et j'ai fait connaissance avec tante Ginette. Je l'ai trouvée trop forte de savoir tenir sur toute sorte de patins. Une dernière fois, faire le chemin jusqu'à la gare. Le trajet cathartique, sa valise au bout de mon bras et la chanson des roulettes sur les pavés. On a couru un peu, parce que se dire au-revoir-à-très-très-vite-hein, c'est encore mieux le rose aux joues. En rentrant j'ai retrouvé ce sentiment mêlé, mélange d'enthousiasme et de coeur qui pique. La maison toute vide, mais le sourire en pensant au fait d'avoir rencontré une amie, quelqu'un que j'aimerais longtemps continuer à connaître. J'ai remangé un biscuit par gourmandise, en son honneur. Les petites lunes sont vraiment mes préférés. J'ai fait un câlin-sieste, et me suis réveillée tard, ébouriffée. Il reste des madeleines, et au lieu de tricoter je devrais faire ma bûche. Ce soir je préparerai ma bouillotte en pensant à la sienne, dans le Jura. Les vacances commencent décidément sous de bons auspices.
Commentaires
Comme Fille.....
croisée la fille réjouie d'une autre fille dans ma maison où je n'habite pas ces jours ci....une maison qui te tend les bras.....Mais comment cette maman n'a pas pensé que dans ses souliers, elle aurait pu glissé une vraie bouillote pour remplacer la bouteille de vin du Jura qui fait office.....
oooh !!! Tu te rends pas compte, j'écoute Le Phare de Yann Tiersen en te lisant et ça me fout les larmes aux yeux, en plus je viens juste de rentrer d'une journée pourrie et tes mots me réchauffent ! Merci !
Et puis je ne connais pas Camille alors je vais de ce pas aller faire connaissance avec son blog !
Je t'embrasse ! Bonne soirée !

Belle fête à toi et à vous surtout.