20 janv. 13
Bleu facile



Du point de riz pour écouler les paillettes qui ne serviront plus à crocheter des habits pour le sapin. C'est le chantier dans les cartes postales du mur, et quand on marche on se serre les mains trop fort pour ne pas glisser. On se fait des marques, on déteint l'un sur l'autre. Un chantier organisé, les journées comme celle-ci. Je mange de la purée de céleri avec des petits pois, en écrasant consciencieusement chaque petit pois avant de le piquer avec ma fourchette. Chacun ses névroses. Plus tard, je marche une heure dans le froid, en ligne droite, et c'est tellement ce qu'il me fallait, une ligne bien droite à arpenter. Je snobe les bus, et je pense que peut-être les gens à l'intérieur n'imaginent pas mon plaisir à marcher dans ce fichu et immuable granité, comme dirait Couac. J'avais encore le goût du chocolat à l'orange, et dans les oreilles youth lagoon. Le matin je m'étais débarrassée de quelque chose qui m'a longtemps accompagnée, traquée, suivie, protégée. J'ai accepté une vérité que je m'escrimais à dégonfler. Un ballon qui s'envole. Je lui ai dit, en sortant de la salle de bain, c'est fini je crois, je n'arriverai plus jamais à m'embêter avec ça, même en faisant exprès. Dans un panier on a mis le gâteau chocolat-courgettes et on est parti. Les gens qui passent partager le canapé, pas longtemps, mais assez pour que ça me rende heureuse. Les gens que ce serait grave, maintenant, s'ils n'étaient plus dans ma vie. D'autres canapés, pas les nôtres cette fois-ci. Encore de l'amaretto, je nourris ma future servitude. Je flânerai bien sur des berges, mais être là ça me va aussi, je pense à un moment. A la fenêtre on joue à Grease et je lui raconte les spectacles de danse d'il y a longtemps. Moi je me dis souvent que j'aimerais bien connaître le petit garçon qu'il a été, je me demande s'il pense la même chose parfois. En rentrant, je me refais la playlist du rollercoaster de ces derniers mois. Bien sûr qu'en premier c'est Rive gauche, de Souchon. La chanson cassure, la chanson transition, la chanson que j'écoutais en pleurant parce que je savais déjà. Hurricane, au hasard d'une playlist, la chanson où c'est devenu vrai, ou j'ai été celle-là et lui celui-ci. Et Birkin, parce qu'elle est toujours là quand il s'agit de mes hymnes. Et Foals, et Houdini de Foster the people, et Soulwax, parce que c'était toute ma vie à un moment. Et celle-ci, pour fêter les lignes droites, les révélations, les beaux bruns qui swinguent et la fumée dans le froid.
Commentaires
Petits pois au chocolat
Bonjour.
Cette histoire de petit pois écrasé me rappelle quelque chose (si quelqu'un(e) peut m'aider) : dans un film, je crois, ou une série, quelqu'un ne supporte pas qu'on écrase les petits pois, bon, lié à l'enfance mais je ne sais plus pourquoi, et il doit ajouter un truc comme : "Je pourrais tuer pour ça" (Ne le fait-il pas vraiment, d'ailleurs ?) : AIDEZ-MOI si vous savez, merci !
Du gâteau courgette-chocolat : weurkkk ?
J'ai le droit de piquer l'illustration sonore pour mon blog un de ces jours ?
Bon week-end blanc. La glace à Nancy ?Aujourd'hui je vais commenter en vrac au fil des sensations ressenties en regardant tes photos et en lisant ton texte. j'aime tes lunettes et voir ton visage, j'aime ce miroir dans lequel se reflète les livres oh oui les livres, j'aime ces nombreuses très nombreuses cartes sur les murs, j'aime ton écharpe, j'aime la marche et je m'interroge sur le gâteau chocolat-courgette

Tu connais "Un thé d'été" de Claude Ponti ? Cela me fait exactement penser à ce que tu as écrit...
