27 janv. 13
Les bras croisés



Ce week-end. Scène de la vie pas quotidienne, qu'est-ce que ça fait du bien que des pattes de chat viennent farfouiller dans mes pelotes emmêlées. Je passe une soirée à démêler tout ça, mais j'aime cette espèce de faille temporelle, dans laquelle je plonge tout occupée de mes mains. Du moutarde un peu chiné, pour un gilet vintage 1987. Du pas courant qui arrive quand même de temps en temps, ce baiser à donner avant la nuit sur un petit front. J'ai encore le goût de la chicorée dans la bouche, et j'attends ce tu laisses la portes ouverte, hein... Oui je laisse la porte ouverte, et tu ne le sais même pas, mais je viendrai plusieurs fois dans la nuit vérifier que tu dors bien, et que tu fais les meilleurs rêves possible.
Plus tard, sur les conseils du psy je réécoute un podcast sur Berlin. La première fois qu'on se parlait en dehors de la séance. La main sur la porte, tiens j'ai pensé à vous ce matin... Wim Wenders qui parle des jeunes de mon âge, j'apprécie beaucoup la formule. On verra bien.
Hier soir, mal installées sur un meuble, on est des filles et on parle d'être grandes encore et toujours. Les anniversaires qui font un drôle d'effet, les désirs dont on arrive pas à faire quelque chose. L'âge qui rend les deuils plus fréquents, tout ce qu'il faut bien apprendre à vivre et à faire toute seule.
Dimanche, encore. Pas de soupe, pas de marché. Une bêtise regardée au lit, et je m'endors. Je goûte ce moment où les pensées cessent. Je m'échappe de ces envies à deux qui font sentir tellement seule quand en face il ne dit rien, il est choqué presque. Je crois que ça pourrait bien me phagocyter si je les laissais vraiment aller et s'amplifier. Faire taire, surtout. Je me réveille dans un appartement vide et noir, j'ai un petit moment de doute, mais ouf on est encore bien dimanche. J'entends les valises des étudiants qui rentrent sur les pavés. Demain n'existe pas pour l'instant, et j'ai encore des pelotes à démêler.
Commentaires
Toujours le sens de la formule...une pelote de vie voilà tout!!!!!!
Aimé c'est marcher seule sur un chemin parralèlle...mais dans la même direction sinon c'est pas SI chouette...mais il y a ces mains qui se serre fort toujours plus fort et la vie est pluSSSSSS belle...
Ma toute belle c'est si bon le dimanche dans la bulle intemporelle****
Oh, c'est drôle pour les roulettes sur les pavés, c'est aussi un son du dimanche soir ici... Wim Wenders, c'est ma période folle, celle que je chéris, dans ces années, la fin de mes études, l'Amoureux qui débarquait, le cinéma à Paris, les deux rencontres avec WW, je crois que j'ai aimé Berlin à cause de lui, grâce à lui...
