15 févr. 13
Ceux là



Un jour, ils prennent le thé, c'est l'après-midi, les rideaux sont tirés et ils ne savent pas s'ils vont ou s'ils viennent de s'embrasser. Il lui dit "vous allez beaucoup me manquer". Puis tard, quelques nuits plus tard, les rideaux sont à nouveau tirés et il lui propose de venir avec lui. Elle est heureuse qu'il fasse trop noir pour qu'il voit ses yeux humides et il l'entend sourire. Elle lui souffle que oui, elle partira avec lui. Elle ira pour le regarder vivre là-bas, continuer à profiter de son regard. Ils se serrent à nouveau et savourent ce nouveau fil qui s'est tissé entre eux. / Un midi elle l'appelle pour lui parler d'après, mais elle n'ose pas toujours, alors elle lui raconte les bêtises de la matinée. Elle oublie que les portes sont fines et elle rit trop fort. Ils cherchent tous les deux quelque chose d'autre à dire, parce qu'elle ne rentre que dans 3 heures et qu'il y a des jours où c'est trop long. Elle lui redemande les rêves de sa nuit, il ne s'en souvient toujours pas. Elle tait son rêve à elle, il sait que c'était un cauchemar, c'est lui qui l'a réveillée alors qu'elle était happée par ses fantômes. Il l'a serrée, après quand son souffle se fit moins fort, a mis sa tête à elle dans son cou à lui, et elle s'est rendormie dans un soupir. Quelques heures plus tard c'est elle qui le réveillait. A nouveau sa tête était dans son cou, à lui, et en humant son odeur de nuit, elle lui disait bonjour, bonjour mon chaton, bonjour mon amoureux. / Il pleut un peu, il fait gris mais c'est chez elle. Elle roule et il a des fleurs sur les genoux. Elle le regarde, un peu, et elle le trouve beau. Elle ne connaît pas encore tous les détails de son visage, est encore surprise par une tache de rousseur. Ils sont presque arrivés mais ils s'arrêtent, pour être encore deux un peu. Ils se garent, les essuie-glace s'arrêtent et les gouttes forment des dessins qu'ils n'essaient pas d'interprêter. Ils ont mis leurs capuches. Contre la voiture, ils s'embrassent, ils sont dans leur grotte, il fait un peu nuit et ils sont comme chez eux à l'abri des autres, le plus près possible à nouveau. Ils s'éloignent un peu, ils sont au milieu des vignes, sa main à elle dans sa poche à lui. Serrés. Ils ne le savent pas encore, mais ce soir il va lui dire. Il va lui dire son chamboulement, il va le lui dire. Elle, elle dont il ne connaissait pas l'existence quelques jours avant, presque, elle lui a mis ses mots dans la bouche. Bien avant, elle l'avait écrit de son côté, dans un cahier rayé. Elle avait vacillé, plissé les yeux en l'écrivant, mais il avait bien fallu l'écrire. Des gouttes de pluie sur le front, et le pacte était scellé.
Commentaires
Elles sont si belles ces photos ! Et puis tes mots, pour toi, des petits bouts pour nous... Et c'est parfait comme ça. Doux week-end !
